Une nouvelle convention

Par Jacques Caranicolas - 13/10/2011
Les logiciels Axilog sont-ils compatibles avec la nouvelle convention ?
Le CAPI n’était pas obligatoire, mais la convention qui va s’appliquer dans quelques mois change la donne. En effet, un volet important de cette convention met l’accent sur l’informatisation des cabinets médicaux, et des indicateurs conventionnels que pourront réaliser les médecins.

Contrairement au CAPI qui ne concernait que des médecins volontaires (très nombreux, certes), le suivi des indicateurs conventionnels pourra donc s’adresser à tous les médecins. Mais qui dit « indicateur » dit aussi « cadran de contrôle »

Axi 4 et Axisanté 5 ont-ils les cadrans de contrôle permettant de savoir où ils en sont par rapport à la demande conventionnelle ?

Le volet de synthèse

Le volet de synthèse annuel n’existe pas encore. Le Volet Médical est tout juste une liste d’antécédents, de traitements en cours, de diagnostics et d’informations diverses collectées par le médecin tout au long des consultations, mais ne constitue pas en l’état une véritable synthèse de l’état de santé du patient.

Les éditeurs de logiciels médicaux travaillent avec l’ASIP Santé (Agence des systèmes d’informations partagés de santé) afin d’établir un cahier des charges pour le volet de synthèse destiné au DMP. Axi4 est « DMP compatible » depuis quelques mois malgré l’absence d’une réelle synthèse du dossier patient. Cependant, Axisanté 5 n’est à ce jour pas agréé pour le DMP, On est donc probablement encore assez loin du minimum nécessaire. Les utilisateurs d’Axisanté 5 rongent leur frein et se posent des questions.

Le module de prescription

Le module de prescription existant dans Axi 4 et Axisanté 5 n’est pas certifié. La présence d’Informer, imposé par la direction d’Axilog, est un obstacle considérable pour la certification. Le bandeau Informer, mis en place par la société Intermédix, qui proposait par exemple de remplacer certains médicaments par un autre, n’est manifestement pas un système d’aide à la « bonne prescription » pour le médecin. C’est plutôt une manière pour l’industrie pharmaceutique de s’immiscer au moment de la prescription sous les yeux et le clavier du médecin. En effet, Intermédix qui se vantait de pouvoir toucher directement 18000 médecins en atteignant la cible de « manière chirurgicale » (sic) a pour partenaires (financeurs) de nombreux laboratoires pharmaceutiques...

Les membres de l’AMULA se sont énergiquement opposés à ce module Informer, installé sans concertation et avec de nombreux dégâts collatéraux dans les ordinateurs. Jusque là, la seule concession de la direction d’Axilog a été de faire en sorte que ce module soit désactivable à distance pour tout médecin qui leur en ferait directement la demande. Cependant, comme aucune communication n’est faite par Axilog pour cette possibilité, peu de médecins savent que cette option existe, et donc peu l’ont demandée et obtenue.

Nous espérons donc que cette nouvelle convention va obliger Axilog à revoir sa copie, dans le sens que l’AMULA a demandé dès l’origine à Axilog, c’est à dire la suppression pure et simple du module Informer.

Même si l’existence d’Informer n’est pas la seule explication à l’actuelle non-certification de notre logiciel, on voit qu’Axilog a pris du retard, contrairement à ce que pouvait annoncer son slogan « Loin devant, proche de vous ». La certification du logiciel de prescription est à l’évidence un enjeu majeur pour tous les éditeurs, et nous sommes convaincus que cet enjeu n’échappe pas à la direction d’Axilog. Deux autres logiciels de prescription médicale sont déjà certifiés, et il est dommage qu’un des plus gros éditeurs du paysage français soit ainsi à la traîne. Voir le référentiel du cahier des charges du LAP

Le suivi des indicateurs.

De très nombreux indicateurs de suivi doivent permettre d’améliorer la qualité du travail des médecins. On peut toujours discuter pour savoir si l’on est un bon médecin parce que l’on aura fait suffisamment de dosages de l’HbAl, ou vacciné suffisamment de patients contre la grippe, par exemple. Toujours est-il que pour savoir si on est proche, en deçà ou au-delà du taux réglementaire, il nous faudra avoir un moyen de contrôle de ce qui est fait ou non. Les CPAM sont capables, par l’intermédiaire des remboursements, de nous dire si on a atteint ou non certains des objectifs, mais pas tous puisque certains critères ne seront que déclaratifs.

En conséquence, les médecins doivent pouvoir eux-mêmes savoir où ils en sont, pour éventuellement contester les statistiques des CPAM, ou pour déclarer de façon certaine qu’ils respectent ou atteignent les indicateurs conventionnels. Quand tout médecin a un jour vu son SNIR agrémenté d’un accouchement, ou d’un acte de radiologie qu’il n’a jamais pratiqué, on peut à juste titre avoir envie de faire chacun ses propres calculs. Pour pouvoir certifier sur l’honneur que 90 % de nos diabétiques ont une HbA1 inférieure à 8,5% et un LDL inférieur à 1,5 g/I, il vaut mieux que nous puissions faire facilement cette recherche statistique.

Cependant, dans l’état actuel de nos logiciels, et en particulier pour Axisanté 5, la fonction de recherche et de statistique est inexistante. Le module de recherche existe pour Axi 4 mais il n’est pas très simple d’emploi, dans l’optique du contrôle de ces fameux indicateurs. De toutes façons, certains des indicateurs conventionnels ne peuvent pas être évalués avec l’actuel module d’Axi4. De son côté, Axisanté 5 n’est pour le moment pas capable d’intégrer directement des résultats biologiques reçus des laboratoires via Aximessage (le logiciel « maison » d’Axilog). Recevoir les HbA1 (par exemple) directement dans les questionnaires/formulaires et pouvoir en faire le suivi est une fonction indispensable que nous demandons depuis de nombreuses années.

Il est dramatique de voir qu’Axilog n’ait pas su développer depuis plusieurs années cette fonction basique sur le logiciel qui était censé remplacer Axi4. Nous savons que le module de statistiques est actuellement en test, mais il devient urgent qu’il devienne opérationnel.

Une bonne opportunité

La nouvelle convention est une bonne opportunité de mettre enfin en place des fonctions que les logiciels d’un des premiers éditeurs de logiciels médicaux en France se devraient d’avoir. Ces fonctions doivent aussi être complétées par des améliorations attendues depuis longtemps (intégration de documents en pdf , messagerie internet sécurisée par exemple) et qui amélioreraient grandement le travail des médecins car, ne l’oublions pas, nous ne sommes pas là pour soigner nos statistiques ou perdre du temps à recopier des données biologiques, mais pour traiter au mieux et facilement nos patients.

L’AMULA et ses représentants, ainsi que les béta-testeurs, Amuliens ou non, sont là, depuis longtemps, pour discuter et aider à l’amélioration les logiciels que fournit Axilog. Quand quelques médecins râlent sur notre forum ou celui d’Axilog, leur but n’est pas de dénigrer la société Axiloq, mais bien de contribuer à améliorer notre outil de travail. Il serait bon que les dirigeants d’Axilog soient prêts à nous écouter et nous entendre pour le bien de tous.

Amula - Association des médecins utilisateurs des logiciels Axilog