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Ou va Axilog ?

Par Philippe Boichot - 9/05/2011

Le module de prescription d’Axisanté 4 (et d’Axisanté 5) comporte des anomalies qui le rendent impropre à la sécurisation des prescriptions. En effet la gestion des interactions médicamenteuses produit des alertes tellement nombreuses qu’elles en sont inutilisables : chaque produit interagit avec lui même, parfois plusieurs fois au point de décourager le prescripteur d’utiliser cette fonction.

Il semble difficile dans de telles conditions de prétendre à la certification par l’HAS voulue par la loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie. L’anomalie ci-dessus, rapportée à plusieurs reprises, mériterait une correction.

Au lieu de cela, tel un abri-bus, le module de prescription s’est vu greffer un panneau d’affichage. Il s’agit "d’Informer" que le directeur des opérations d’Axilog présente comme un véritable vecteur de transmission d’informations récentes et/ou d’encadrement de l’exercice médical avec du contenu émanant des tutelles avec des référentiels de bonnes pratiques, des recommandations de bon usage, de vaccination... des informations liées au contexte diagnostique et thérapeutique du patient, dans le but d’améliorer son confort, son observance (modification de posologie, forme galénique, ...) et, d’une manière générale, son mieux-être : rien que ça !

Axilog semble plus préoccupé par le "mieux-être" de nos patients que par le respect de ses clients. Le nouveau bienfaiteur de l’humanité souffrante a été téléchargé et installé sur les postes de travail des utilisateurs sans autorisation, contrairement aux usages, créant au passage des dysfonctionnements sur de nombreux postes.

Or l’article 323-1 du code pénal dispose que : Le fait d’accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d’un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Lorsqu’il en est résulté soit la suppression ou la modification de données contenues dans le système, soit une altération du fonctionnement de ce système, la peine est de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. L’accès frauduleux est défini comme l’intrusion volontaire (non accidentelle) non autorisée ce qui est le cas d’Informer .

Ainsi Axilog semble ignorer la loi.

Mais qu’est-ce qu’Informer ? jugez vous même :

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En apparence un bandeau dans le module de prescription avec le logo de l’HAS, et des documents émanant de celle-ci. Le choix des documents semble des plus aléatoire : ainsi dans l’exemple ci-dessus le guide ALD concernant le xeroderma pigmentosum dont on appréciera l’opportunité lors de la rédaction d’une ordonnance sans aucun rapport avec cette pathologie.

Si on clique sur le I bleu à droite on pénètre dans la boutique.

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On trouve en rayons 3 documents émanant de l’HAS, 2 supports promotionnels de médicaments (Duoplavin et Caduet), le contestable DN4 avec bien entendu le logo Pfizer,

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et la promo du jour de chez Danone...

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avec sa fiche de "conseils alimentaires pour votre patient hyperlipidémique" de toute beauté... (non ce n’est pas une promotion de pyjamas) : bien entendu le Danacol y figure en bonne place.

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Et pourquoi pas un jour ?

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Mais quelle mouche pique donc Axilog ??

Hélas, Intermedix (filiale de Compugroup tout comme Axilog) qui produit Informer n’est pas une mouche. Voici ce qu’on peut voir sur le site d’Intermedix :

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Vous avez tout compris.

Face à une importante vague de protestations sur le forum Axilog et celui de l’AMULA, la direction d’Axilog dans sa grande bonté a fait savoir sur les dits forum :

-  Nous avons bien entendu que certains de nos utilisateurs ne souhaitent pas bénéficier de ce service, aussi nous avons décidé de rendre dés-activable cette fonctionnalité, sur simple demande de votre part à nos services. Nous suivons en cela les souhaits exprimés par certains de nos clients. (la communication complète)

Un tel cynisme laisse pantois : non seulement Informer a été installé sans autorisation, mais il faudrait de surcroît en demander la désactivation ? de plus l’immense majorité des clients d’Axilog, qui ne lit pas les forum, n’a pas eu connaissance de cette possibilité, Axilog ayant "omis" de diffuser l’information à sa clientèle.

Le seul choix compatible avec l’éthique la plus élémentaire consiste à rendre Informer désactivable par l’utilisateur sur son poste de travail.

Ca permettrait peut-être à Axilog de redorer un peu son blason, sérieusement terni par des choix commerciaux discutables.


Nous vous recommandons la lecture de l’excellent article du Dr Jean-Jacques Fraslin

Post-scriptum du 8 octobre 2011

A ce jour Axilog n’a pas changé de position pour la désactivation d’Informer

Il n’y a plus de publicité dans Informer pour l’instant

Informer est condamné à terme par la nécessaire certification par l’HAS des logiciels d’aide à la prescription

 

Amula - Association des médecins utilisateurs des logiciels Axilog