StopPub

Par Philippe Senechal - 20/04/2011
coller cet article sur votre logiciel

A l’âge de pierre de l’informatique médicale, beaucoup d’entre nous ont investi dans un logiciel de gestion de dossier patient ; outil qui dans l’idéal permettait de gérer l’historique, la consultation, la prescription, le stockage des données externes (biologie, compte rendu), la télétransmission, et enfin la comptabilité.

Beaucoup d’entre nous ont choisi Axisanté de la société Axilog pour assumer toutes ces tâches, et nous en avons été satisfaits. Puis le temps passant les limitations du produit sont apparues, certains utilisateurs se sont alors regroupés dans une association (AMULA) afin de défendre les droits des utilisateurs et d’influencer les évolutions du produit.

Au gré des versions, se sont greffées des verrues logicielles dont l’utilité ne paraissait pas évidente aux utilisateurs, voire même gênante. Ces Visit, Biq, popup, Ariane, sensés nous apporter des informations d’ordre médical, professionnel, informatique, ont d’emblée montré des velléités de promotion de produits de l’industrie pharmaceutique. L’apparition d’un écran de veille publicitaire a révélé sans pudeur cette évolution. AMULA avait obtenu jusqu’à présent que ces fonctionnalités soient optionnelles et désactivables.

Puis récemment à l’occasion d’une mise à jour, un bandeau est apparu dans l’écran de prescription, véhiculant là encore des informations d’ordre médical, mais aussi promotionnelles. De la publicité surgissant au moment de la prescription : que pouvait rêver de mieux l’industrie pharmaceutique pour la promotion de ses produits ?

Comment un éditeur de logiciel de gestion des dossiers patients a pu en arriver là sans l’accord de ses utilisateurs ? L’explication est toute simple, Axilog a été acquis par Compugroup, qui est “one of the leading e-Health companies in Europe”, et possède dans son giron Intermedix qui est “ le spécialiste de la communication auprès des professionnels de santé”. La communication la plus rentable est à l’évidence celle de l’industrie pharmaceutique, celle des institutions (HAS, INPES, INSERM ... ) n’ayant ni les mêmes moyens, ni les mêmes velléités que cette dernière.

De cette collaboration sont nées les différentes tentatives d’introduire une publicité au coeur même du choix de la prescription, un voeux qui a été réalisé avec ce module Informer, installé à l’insu de l’utilisateur et non désactivable.

Face à cette hérésie contraire à l’éthique médicale, de nombreux utilisateurs ont grondé et tonné sur le forum d’Axilog et sur celui d’AMULA pour dénoncer une dérive malsaine de leur outil de travail.

A l’heure ou le monde médical dans son ensemble évolue vers les technologies numériques, il est impensable qu’Axilog pionnier de cette évolution, se fourvoie dans ce type de mission au détriment de sa raison d’être.

AMULA a pu dialoguer avec la nouvelle direction d’Axilog inquiète des réactions de ses utilisateurs, et a signifié quelle rejetait toute forme imposée de promotion de l’industrie pharmaceutique. Toutes les interventions d’Intermedix devraient être optionnelles à l’installation afin de permettre à l’utilisateur le libre choix de ce type de produit.

Nous avons été écoutés, nous espérons avoir été entendus.

Amula - Association des médecins utilisateurs des logiciels Axilog