Cloner sa partition système à l’aide d’un outil gratuit

Par Philippe Senechal - 4/04/2008

Niveau : connaissances informatiques intermédiaire à expert.

L’AMULA et l’auteur ne sauraient être tenus responsables d’un dysfonctionnement du poste de travail lié à une erreur d’utilisation des procédures décrites dans le présent article.

La problématique :

Un problème fréquemment rencontré en informatique : tout se passe bien ... jusqu’au jour ou ça ne marche plus. Trouver la cause du dysfonctionnement n’est pas toujours facile alors . Et dans bien des cas, le plus simple est une réinstallation de tout le système : Windows , les pilotes des périphériques, et les logiciels Axilog.

En dehors des connaissances que peut demander un tel travail, ce qui pose surtout problème, c’est le temps qu’il va falloir passer à cette réinstallation, et l’impossibilité de travailler avec l’ordinateur pendant ce temps là.

La parade souvent utilisée, consiste a faire une image du disque dur sur une sauvegarde externe ou interne, à l’aide d’un logiciel spécialisé et payant. Ce n’est pas à mon avis la solution la plus évidente : l’image disque est souvent enregistrée dans un format propriétaire au logiciel, et l’on n’est jamais certain de sa validité.

La solution que je vous propose contourne ces inconvénients.

Nous allons utiliser un logiciel libre de partitionnement et de clonage à partir d’une distribution Linux (ce qui au passage vous fera découvrir Linux), le coût de l’opération se résumera alors au coût d’un CD vierge et du temps passé. En clonant directement la partition sur laquelle on travaille, le contrôle de la validité de l’image ne nécessitera aucune décompression, il suffira de booter sur l’image réalisée.

Deux types de dysfonctionnement peuvent survenir :un problème de corruption logicielle du système d’exploitation (virus, conflit d’installation ?) ou une défaillance matérielle du disque dur.

Pour le premier cas un clonage sur une partition du disque dur suffira, mais dans le second cas, seul un clonage sur un deuxième disque dur sera efficace. Il est donc préférable de cloner le disque dur sur un deuxième disque dur qu’il faudra installer dans l’ordinateur (ce qui demande un minimum de connaissances).

La Solution

Voici les étapes à suivre pour partitionner un disque, et cloner la partition système :

1. Télécharger la version Desktop de la distribution Linux Ubuntu 7.10 avec le bureau gnome.

http://www.ubuntu-fr.org/telechargement

copier l’image iso téléchargée sur un CD à l’aide de votre logiciel de gravure ou suivez les instructions de la page ci-dessous si vous ne savez pas comment faire.

http://doc.ubuntu-fr.org/graver_cd_ubuntu_sous_windows

(On peut aussi utiliser un CD live GParted , qui va exécuter directement GParted en évitant l’installation en mémoire de Linux, mais ce serait se priver de la possibilité de tester une distribution Linux).

2. démarrer le PC avec le CD de Linux Ubuntu.

Par défaut, la plupart des PC démarrent à partir du disque dur. Pour que le CD de Linux démarre avant Windows, il faut donc régler le démarrage sur le lecteur de CD en premier. Pour cela il faut changer l’ordre de démarrage dans le boot menu. Celui-ci est accessible au démarrage de l’ordinateur quand on appuie sur une touche précise. En général cette touche est mentionnée un bref moment. (Sur les Dell c’est F12 ). Exemple en images

Quand Ubuntu démarre, il va proposer un menu. Il faut choisir le premier item : ’Start or Install Ubuntu’ . Ce choix installera alors ce système d’exploitation Linux en mémoire, et ne modifiera en rien la configuration habituelle de l’ordinateur.

(JPEG)

Une fois Ubuntu chargé en mémoire, on se retrouve avec un système d’exploitation classique utilisant des menus et une souris. On va utiliser le programme qui nous intéresse pour partitionner et cloner notre disque dur : GParted nommé ici Partition Editor.

3. Lancer le logiciel GParted en mode graphique.

Dans le menu, choisir System —> administration —> Partition Editor.

GParted s’ouvre alors en montrant le schéma des partitions du disque dur.

Les disques durs actuels font au minimum 160 Go, il y a 5 ans en général on avait des disques durs de 40 à 80 Go. Une utilisation purement professionnelle utilisera rarement plus de 20 Go. Il n’y a donc aucun inconvénient a diviser notre disque dur en deux parties a peu près égales (ce que l’on appelle partitionner). La zone sur laquelle on va cloner notre disque dur devra tout de même être un tout petit peu plus grande.

Il va d’abord falloir réduire la taille de la partition à cloner ; il suffit de cliquer sur cette partition, puis sur ’resize’. Ensuite en mettant la souris à l’extrémité droite de la représentation du disque, faire glisser la flèche jusqu’à la taille désirée.

(JPEG)

On a alors une partition plus petite qu’a l’origine, et un espace non alloué qu’il faut régler sur une taille légèrement supérieure. Pour effectuer le clonage, il suffit alors de faire un clic droit sur la partition a cloner (/dev/sda2), de cliquer sur ’copy’ , puis faire un clic droit sur la partie non allouée (unallocated) et de cliquer sur ’paste’. Confirmer en cliquant ensuite sur ’Apply’.

(JPEG)

Ensuite la copie est effectuée ; cette étape sera d’autant plus longue que la partition a copier est grande (compter moins de 30 min pour 10 Go).

(JPEG)

Une fois la copie effectuée, on peut quitter Ubuntu, enlever le CD du lecteur, et redémarrer. On retrouvera alors le système d’exploitation Windows. En cliquant sur ’poste de travail’, on trouve un nouveau disque dur correspondant à la nouvelle partition crée. Sur celle-ci, on retrouve les mêmes données que sur le disque que l’on a cloné. Mais pour pouvoir démarrer sur cette nouvelle partition, il va falloir modifier le ’boot.ini’

4. Modifier le fichier ’boot.ini’.

4.1. Rendre le fichier boot.ini visible dans l’explorateur Windows.

Ce fichier boot.ini, se trouve à la racine du disque de démarrage, mais pour pouvoir le visualiser, il va falloir faire une manipulation.

Par défaut, les fichiers systèmes sont cachés dans l’explorateur Windows. Si vous ne voyez pas le fichier boot.ini dans la racine de l’arborescence de votre disque C :
-  Dans le menu ’outils’ cliquer sur ’option des dossiers’, puis cliquer sur l’onglet affichage.
-  Il faut ensuite cocher ’afficher les fichiers et dossiers caché’, et décocher ’masquer les fichiers ...’ .
-  Le fichier ’boot.ini’ est alors visible à la racine du disque C.

(JPEG)

4.2. Modifier le fichier boot.ini

4.2.1 : Un seul disque dur

Ouvrir le fichier boot.ini en double-cliquant dessus. On a alors dans le cas le plus simple les lignes ci-dessous :

Copier la dernière ligne et la recoller en dessous, puis modifier là comme ci-dessous, en changeant le numéro de la partition :

-  La deuxième ligne : ’timeout=30’ règle la durée d’affichage du menu de choix de démarrage
-  La troisième ligne : ’default=multi(0)disk(0)rdisk(0)partition(2)\WINDOWS’ indique quelle est la partition qui va être lancée par défaut
-  Les deux dernières lignes permettent de choisir au démarrage quelle partition va être lancée.

4.2.2 : deux disques durs.

La manipulation de clonage proprement dite sera la même par copier coller de la partition système.

Si on installe un deuxième disque dur, les manipulations seront identiques, seul le nommage des disques change avec Linux

Le premier disque dur est nommé sda (et ses partitions sda1, sda2 , sda....) Le deuxième disque dur est nommé sdb (et ses partitions sdb1 ...).

Au niveau du boot.ini, il y a aussi une différence : le premier disque dur correspond au rdisk(0) et le deuxième disque dur correspond au rdisk(1)

Si le premier disque crashe, l’ordinateur ne reconnaîtra qu’un disque dur , c’est à dire celui qui a servi à la sauvegarde. Au démarrage, il va donc chercher le fichier boot.ini sur ce disque . Dans cette hypothèse, le rdisk doit être à 0, et partition à 1 (si la sauvegarde est installée sur la première partition). Le boot.ini du deuxième disque dur doit donc correspondre a ceci :

4.3. Cacher le fichier boot.ini dans l’explorateur windows.

Pour des raisons de sécurité, il est préférable de restaurer les paramètres d’affichage des fichiers de l’explorateur Windows (opération inverse du point 4.1)

-  Dans le menu ’outils’ de l’explorateur Windows cliquer sur ’option des dossiers’, puis cliquer sur l’onglet "affichage".
-  Choisir ’Ne pas afficher les fichiers et dossiers cachés’, et recocher ’masquer les fichiers ...’ .
-  Le fichier ’boot.ini’ est alors redevenu invisible à la racine du disque C.

Stratégie d’utilisation de ce type d’installation :

L’idéal pour ce type de sauvegarde, est de la répéter après chaque installation réussie d’une nouvelle version d’Axisanté. Ainsi l’Axisanté de la sauvegarde restera toujours en accord avec le fichier de données, et pourra être utilisé instantanément sans qu’il y ait besoin de mise à jour.

Une fois la technique acquise, (ou en s’aidant de ce mode d’emploi sous forme imprimée), ce type de sauvegarde peut être effectué en moins d’une heure pour une partition de 10 à 20 Go.

Cloner sa partition système à l’aide d’un outil gratuit
4 avril 2008, par Philippe Boichot

Excellent

Pour être rapidement opérationnel dans le cas d’une défaillance système, il faut que les données soient sur une partition dédiée (ce que je fais systématiquement pour toutes mes données) ; en cas de crash disque il faut bien sur disposer de sauvegardes correctes (le RAID c’est bien aussi....)

Amula - Association des médecins utilisateurs des logiciels Axilog